Le cours — 6 modules

Sensibilisation à la sécurité incendie et à l'évacuation : comprendre le feu, connaître les consignes, prévenir les départs de feu, agir sur un feu naissant, évacuer et encadrer une évacuation — conformément au code du travail (art. R.4227-28 à R.4227-41) et aux repères de l'INRS. Touchez un module pour l'ouvrir.

Cette formation prépare aux trois rôles désignés par l'employeur :
Cette formation e-learning apporte les connaissances théoriques. Elle ne remplace pas la manipulation réelle d'un extincteur ni l'exercice d'évacuation sur votre site : ces mises en pratique restent à organiser en présentiel par votre employeur ou votre centre de formation.
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Vidéo du module 1 — Le feu, les classes de feu et les méthodes d'extinction
Objectifs : connaître le triangle et le tétraèdre du feu • identifier les classes de feu (dont la nouvelle classe L — batteries lithium-ion) • comprendre les modes d'extinction et de propagation.

1.1 Le triangle du feu

Un feu est une combustion : une réaction chimique qui dégage de la chaleur, de la lumière et des fumées. Pour qu'elle démarre et se poursuive, trois éléments doivent être réunis en même temps — c'est le triangle du feu :

  • le combustible : ce qui brûle (bois, papier, carton, plastique, solvant, gaz, poussières…) ;
  • le comburant : ce qui entretient la combustion, en pratique l'oxygène de l'air (≈ 21 %) ;
  • l'énergie d'activation : ce qui déclenche (flamme, étincelle, point chaud, frottement, arc électrique, cigarette…).
Retenez-le à l'envers : supprimer un seul côté du triangle éteint le feu. C'est exactement ce que font les extincteurs.

1.2 Du triangle au tétraèdre du feu

Le triangle explique le démarrage du feu, mais pas pourquoi il s'entretient tout seul. Une fois la combustion lancée, elle produit sa propre chaleur et des radicaux libres qui alimentent en continu la réaction : c'est la réaction en chaîne. En l'ajoutant aux trois premiers éléments, on obtient le tétraèdre du feu — une pyramide à quatre faces :

  • le combustible ;
  • le comburant ;
  • l'énergie d'activation ;
  • la réaction en chaîne — la face qui entretient l'incendie et le fait grandir.
Pourquoi cette 4ᵉ face compte pour vous : c'est elle que casse la poudre ABC (extinction par inhibition). Un feu peut donc être éteint sans qu'on lui retire ni son combustible, ni son oxygène, ni sa chaleur — simplement en brisant sa réaction chimique. Le triangle explique la naissance du feu ; le tétraèdre explique sa vie… et les quatre façons de le tuer.
Face du tétraèdreAction d'extinctionMoyen
CombustibleIsolement / suppressionCouper le gaz, écarter les matériaux
ComburantÉtouffementCO₂, mousse, couvercle, couverture anti-feu
Énergie (chaleur)RefroidissementEau pulvérisée
Réaction en chaîneInhibitionPoudre ABC

1.3 Les modes d'extinction

ModePrincipeExemple
RefroidissementAbaisser la température sous le seuil d'entretien de la combustionEau sur un feu de papier ou de bois
ÉtouffementPriver le feu d'oxygèneCouvercle sur une casserole, CO₂, mousse
InhibitionCasser la réaction chimique de combustionPoudre ABC

On peut y ajouter l'isolement du combustible : couper l'arrivée de gaz, écarter les matériaux qui n'ont pas encore pris.

1.4 Les classes de feu

Les feux sont classés selon la nature du combustible. C'est ce classement qui détermine l'agent extincteur à utiliser — se tromper de classe peut aggraver le feu.

ClasseCombustibleExemples
ASolides formant des braisesBois, papier, carton, tissu, plastiques
BLiquides ou solides liquéfiablesEssence, solvants, peintures, huiles minérales, plastiques fondus
CGazButane, propane, gaz naturel, hydrogène
DMétauxMagnésium, sodium, aluminium en copeaux, lithium métallique
FHuiles et graisses de cuissonFriteuse, plancha, cuisine collective
L (nouveau)Feux électrochimiques : cellules et batteries lithium-ion (sans lithium métallique)Batteries d'outillage, vélos et trottinettes, chariots, véhicules électriques, stockage d'énergie
Il n'existe pas de classe « E » pour les feux électriques : l'électricité n'est pas un combustible, c'est une source d'énergie. Un feu « électrique » est en réalité un feu de classe A ou B en présence de tension — d'où l'usage du CO₂ et la nécessité de couper le courant quand c'est possible.

1.5 La classe L : les batteries lithium-ion

La norme internationale ISO 3941, révisée en janvier 2026, a créé une nouvelle classe de feu : la classe L, dédiée aux feux électrochimiques de cellules et batteries lithium-ion (sans lithium métallique — celui-ci reste en classe D). C'est la première nouvelle classe depuis des décennies, et elle répond à un risque devenu quotidien : outillage sans fil, trottinettes et vélos, chariots, ordinateurs, véhicules et systèmes de stockage d'énergie.

Point de vigilance réglementaire : la classe L est introduite par la norme ISO 3941:2026. La norme européenne et française NF EN 2, qui sert de référence aux classes de feu en France, n'a pas encore été mise à jour à ce jour : sa révision est attendue. Concrètement, tous les extincteurs actuellement en service ne portent donc pas encore le pictogramme « L ».

Pourquoi une classe à part ?

Parce qu'un feu de batterie lithium-ion ne se comporte pas comme les autres :

  • Emballement thermique (« thermal runaway ») : une cellule en défaut s'échauffe, entraîne sa voisine, et la réaction s'auto-entretient ;
  • Il fabrique son propre comburant : la décomposition chimique interne libère de l'oxygène. L'étouffement devient donc inopérant — c'est là que le tétraèdre du feu montre sa limite habituelle : on ne peut pas simplement « priver le feu d'air » ;
  • Très haute densité d'énergie : montée en température brutale, jets de flammes et projections de cellules ;
  • Gaz toxiques et inflammables libérés massivement (dont HF, fluorure d'hydrogène) ;
  • Reprises différées : un feu semble éteint puis repart, parfois des heures plus tard.
Conduite à tenir pour un non-spécialiste face à une batterie lithium-ion en feu (ou qui gonfle, siffle, fume) : ne pas s'approcher, ne pas la déplacer, ne pas l'étoufferalarme, alerte, évacuation, et signaler la présence de batteries aux secours. C'est l'un des rares cas où l'on renonce d'emblée à la première intervention.

1.6 Comment un feu se propage

  • Conduction : la chaleur voyage dans les matériaux (une poutrelle métallique transmet le feu à un autre local) ;
  • Convection : les fumées chaudes montent, s'accumulent en partie haute et se propagent par les gaines, cages d'escalier, faux plafonds ;
  • Rayonnement : la chaleur émise à distance enflamme les matériaux voisins sans contact ;
  • Projection : brandons, gouttes enflammées, explosion de récipients.
Un feu naissant double de volume en quelques dizaines de secondes : les premières minutes décident de tout. Passé ce stade, on n'attaque plus, on évacue.

1.7 Deux phénomènes redoutés

  • l'embrasement généralisé éclair (« flashover ») : les fumées accumulées atteignent leur température d'inflammation et tout le volume s'embrase d'un coup ;
  • l'explosion de fumées (« backdraft ») : un feu qui manque d'oxygène dans un local fermé explose littéralement quand on ouvre une porte et qu'on lui apporte de l'air. C'est pourquoi on n'ouvre jamais une porte chaude ou d'où s'échappent des fumées sous pression.
Questions associées : thème 1 → QCM.
Vidéo du module 2 — Formation incendie et évacuation : alarme, extincteur, guide-file et serre-file
Objectifs : connaître les obligations de l'employeur • savoir ce que contient la consigne de sécurité incendie • connaître les périodicités (essais, exercices, vérifications).

2.1 Ce que dit le code du travail

Le socle de la sécurité incendie au travail tient dans les articles R.4227-28 et suivants :

ArticleExigence
R.4227-28L'employeur prend les mesures nécessaires pour qu'un début d'incendie puisse être rapidement et efficacement combattu dans l'intérêt du sauvetage des travailleurs.
R.4227-29Le premier secours contre l'incendie est assuré par des extincteurs en nombre suffisant et bien répartis : au minimum un extincteur à eau pulvérisée de 6 litres au moins pour 200 m² de plancher, avec un minimum d'un appareil par niveau.
R.4227-34 s.Une consigne de sécurité incendie est établie et affichée dans les locaux concernés.
R.4227-37La consigne prévoit des essais et visites périodiques du matériel et des exercices.
R.4227-39Ces essais et exercices ont lieu au moins tous les six mois ; leur date et les observations sont consignées sur un registre tenu à la disposition de l'inspection du travail.
Deux chiffres à retenir absolument : 6 L pour 200 m² (extincteur à eau) et tous les 6 mois (essais et exercices d'évacuation).

2.2 La consigne de sécurité incendie

Affichée de façon très apparente, elle indique notamment :

  • le matériel d'extinction et de secours qui se trouve dans le secteur ;
  • les personnes chargées de mettre ce matériel en action ;
  • pour chaque local, les personnes chargées de diriger l'évacuation des travailleurs et du public ;
  • les moyens d'alerte et les personnes chargées d'aviser les sapeurs-pompiers ;
  • l'adresse et le numéro d'appel du service de secours de premier appel (18 ou 112) ;
  • le devoir, pour toute personne apercevant un début d'incendie, de donner l'alarme et de mettre en œuvre les moyens de premier secours.
La consigne est propre à chaque site. Vos réflexes doivent s'y conformer : en arrivant sur un nouveau lieu de travail, lisez-la — c'est elle qui prime sur vos habitudes.

2.3 Formation et personnes désignées

Le code du travail impose que le personnel soit instruit sur la conduite à tenir en cas d'incendie (R.4227-38 : « la consigne… prévoit que les travailleurs soient instruits »). Dans la pratique, l'employeur désigne :

  • des équipiers de première intervention (EPI) : agir sur un feu naissant avec les moyens de premier secours ;
  • des guides-files et serre-files : encadrer l'évacuation (voir module 5) ;
  • un responsable du point de rassemblement, chargé du comptage.

Selon les établissements, d'autres réglementations peuvent s'ajouter : ERP (établissements recevant du public), IGH, ICPE, code de la construction… Elles imposent parfois des formations et des exercices supplémentaires.

2.4 Les vérifications périodiques

  • Extincteurs : vérification annuelle par une personne compétente (référentiel professionnel APSAD/NF S61-919), en plus des contrôles visuels réguliers ;
  • Alarme, désenfumage, éclairage de sécurité, portes coupe-feu, RIA : essais et maintenance selon la réglementation applicable et les notices ;
  • Exercice d'évacuation : au moins tous les 6 mois, consigné au registre.
Questions associées : thème 2 → QCM.
Objectifs : identifier les causes fréquentes d'incendie • appliquer les règles de prévention au quotidien • connaître le permis de feu.

3.1 Les causes les plus fréquentes en entreprise

  • Électricité : surcharges, multiprises en cascade, câbles écrasés ou dénudés, armoires encombrées, matériel laissé sous tension. C'est la première cause d'origine technique ;
  • Travaux par points chauds : soudage, meulage, découpe — les projections incandescentes voyagent loin et couvent parfois plusieurs heures ;
  • Cigarette et briquets dans des zones non prévues ;
  • Produits inflammables mal stockés (solvants, aérosols, bouteilles de gaz) ;
  • Défaut d'entretien : poussières, graisses, cartons entassés, moteurs encrassés ;
  • Malveillance : incendies volontaires, souvent sur des dépôts extérieurs ;
  • Chargeurs et batteries lithium : appareils en charge sans surveillance, batteries endommagées (emballement thermique).

3.2 Les bons réflexes au quotidien

  • Ranger, dégager, nettoyer : moins de combustible = moins de feu et moins de propagation. Les cartons vides, palettes et déchets ne stationnent pas dans les couloirs ;
  • Ne jamais encombrer les issues, les dégagements, l'accès aux extincteurs et aux armoires électriques ;
  • Respecter les zones de stockage des produits inflammables (locaux ventilés, armoires dédiées, quantités limitées au poste) ;
  • Débrancher ce qui peut l'être en fin de poste ; signaler tout matériel qui chauffe, sent le brûlé ou déclenche les protections ;
  • Ne pas caler une porte coupe-feu en position ouverte : elle ne joue son rôle que fermée (ou avec un dispositif asservi à l'alarme) ;
  • Respecter l'interdiction de fumer et les zones fumeurs prévues.
La meilleure intervention est celle qu'on n'a pas à faire : 90 % de la sécurité incendie tient à la prévention et au rangement.

3.3 Le permis de feu

Pour tout travail par point chaud (soudage, meulage, tronçonnage, chalumeau, décapage thermique), notamment réalisé par une entreprise extérieure, on établit un permis de feu : un document signé qui, avant les travaux, impose de :

  • éloigner ou protéger les matières combustibles (bâches ininflammables, écrans) ;
  • disposer de moyens d'extinction à portée immédiate ;
  • définir une surveillance pendant les travaux… et une surveillance après (en général au moins 2 heures, souvent plus) : un feu couvant se déclare fréquemment après le départ des équipes ;
  • prévenir le responsable du site et, le cas échéant, neutraliser la détection pendant l'opération — puis la remettre en service.
Un très grand nombre d'incendies industriels démarrent après la fin des travaux par points chauds. La surveillance post-travaux n'est pas une formalité.

3.4 Prévention et protection : deux notions différentes

PréventionProtection
Éviter que le feu naisse (rangement, électricité saine, permis de feu, interdiction de fumer)Limiter les conséquences s'il naît (détection, alarme, extincteurs, désenfumage, portes coupe-feu, issues, évacuation)
Questions associées : thème 3 → QCM.
Vidéo du module 4 — Manipulation d'un extincteur : apprendre à l'utiliser
Objectifs : choisir le bon extincteur • l'utiliser correctement • savoir quand attaquer… et surtout quand renoncer.

4.1 Les agents extincteurs

ExtincteurClassesEmploi et limites
Eau pulvérisée + additifA (et B avec additif)Le plus répandu (6 L, R.4227-29). Refroidit. Jamais en jet plein sur du courant ni sur les huiles de friture.
CO₂ (dioxyde de carbone)B (et feux en présence de tension)Étouffe, ne laisse aucun résidu → idéal pour armoires électriques, informatique. Portée courte (1-2 m), risque de gelures (tenir par la poignée isolée) et d'asphyxie en petit local.
Poudre ABCA, B, CTrès efficace (inhibition), y compris sur les gaz. Salit énormément et endommage l'électronique ; réduit fortement la visibilité en local fermé.
MousseA, BÉtouffe et refroidit les liquides enflammés (rétention, cuvettes).
Classe FFSpécifique huiles et graisses de cuisson (saponification).
Classe DDPoudres spéciales pour feux de métaux (dont lithium métallique). L'eau est interdite (réaction violente).
Classe LLBatteries lithium-ion : des extincteurs spécifiques existent (agents à base d'eau avec additifs, gels). Le principe est le refroidissement massif et prolongé des cellules — l'étouffement ne fonctionne pas.
Feu de batterie lithium-ion (classe L) — la règle pour un EPI : on n'engage pas la première intervention. Emballement thermique, jets de flammes, gaz toxiques et reprises différées en font un feu de spécialiste. Alarme, alerte, évacuation — et l'on signale impérativement aux secours la présence et la nature des batteries. Ne jamais tenter de déplacer un appareil dont la batterie gonfle, siffle ou fume.
Trois interdits qui sauvent : jamais d'eau en jet plein sur un feu en présence de tension • jamais d'eau sur une friteuse ou un feu d'huile (boule de feu instantanée : on coupe l'énergie et on étouffe avec un couvercle ou une couverture anti-feu, ou un extincteur classe F) • jamais d'eau sur un feu de métaux.

4.2 Utiliser un extincteur : les gestes

  1. Donner l'alarme d'abord (ou faire donner l'alarme) : on n'attaque jamais un feu sans que quelqu'un le sache ;
  2. Prendre l'extincteur adapté à la classe du feu et le porter jusqu'au foyer ;
  3. Retirer la goupille de sécurité ;
  4. Faire un essai de fonctionnement à distance du feu (une brève pression) ;
  5. S'approcher dos au vent (extérieur) ou dos à l'issue (intérieur), à la distance d'efficacité de l'appareil, et rester accroupi (la chaleur et les fumées sont en hauteur) ;
  6. Attaquer la base des flammes — pas les flammes elles-mêmes — par un mouvement de balayage ;
  7. Progresser à mesure que le feu recule ; sur un liquide, balayer sans projeter le liquide enflammé ;
  8. Une fois éteint, ne pas tourner le dos : surveiller la reprise, et faire vérifier les lieux.
Moyen mnémotechnique : goupille — essai — base des flammes — balayage. Et un extincteur vide se pose couché pour signaler qu'il a servi, puis part en recharge.

4.3 Quand attaquer, quand renoncer

La première intervention ne s'exerce que sur un feu naissant, dans les toutes premières minutes. On renonce et on évacue si :

  • le feu dépasse le volume d'un extincteur (au-delà d'un départ localisé) ;
  • les fumées envahissent le local ou l'on ne voit plus l'issue ;
  • la chaleur est insupportable, ou le local est fermé et enfumé ;
  • on est seul et sans possibilité d'alerter ;
  • la nature du feu est inconnue, ou relève d'un risque particulier : produits chimiques, bouteilles de gaz, batteries lithium-ion (classe L), panneaux photovoltaïques ;
  • le feu se situe entre soi et la sortie.
Règle absolue : on garde toujours l'issue dans son dos et on n'engage jamais sa vie pour des biens. Deux extincteurs sans effet = on sort.

4.4 Le robinet d'incendie armé (RIA)

Présent dans certains établissements, le RIA est un moyen d'attaque à eau à débit continu. Son emploi suppose une formation spécifique et, en principe, une mise en œuvre à deux (un porte-lance, un aide qui déroule et ouvre l'eau). Il n'est pas destiné aux feux en présence de tension tant que l'énergie n'est pas coupée.

Questions associées : thème 4 → QCM.
Vidéo du module 5 — Évacuation des locaux (INRS)
Objectifs : connaître le signal et le circuit d'évacuation • distinguer guide-file et serre-file • savoir se comporter au point de rassemblement.

5.1 Le principe

À l'audition du signal sonore d'alarme générale, l'évacuation est immédiate et concerne tout le monde, sans exception et sans attendre de confirmation. On ne cherche pas à savoir si c'est un exercice : on sort.

Les gestes réflexes : cesser toute activité • arrêter les machines si la consigne le prévoit • fermer les portes et fenêtres derrière soi (sans les verrouiller) — une porte fermée limite la propagation des fumées et gagne de précieuses minutes.

5.2 Ce qu'on ne fait jamais

  • Ne pas emprunter l'ascenseur : risque de blocage à l'étage du feu et d'enfumage de la cabine. On utilise les escaliers, considérés comme dégagement ;
  • Ne pas revenir en arrière chercher un objet, un vêtement, un ordinateur — la vie ne se négocie pas contre des biens ;
  • Ne pas courir ni bousculer : la panique et les chutes font plus de blessés que le feu ;
  • Ne pas quitter le point de rassemblement avant l'autorisation.

5.3 Les acteurs de l'évacuation : guide-file et serre-file

L'évacuation n'est pas une fuite désordonnée : c'est une manœuvre encadrée par des personnes désignées et formées par l'employeur, dont le nom figure dans la consigne de sécurité. Les deux rôles clés — guide-file et serre-file — fonctionnent toujours en binôme : l'un ouvre la marche, l'autre la ferme, et le groupe est encadré entre les deux.

RôlePositionMission
Guide-fileEn TÊTEIl ouvre la marche, guide le groupe par le cheminement le plus sûr, vérifie que la voie est praticable et bascule sur l'itinéraire de repli si le chemin habituel est enfumé. Il conduit jusqu'au point de rassemblement.
Serre-fileEn QUEUEIl vérifie que personne ne reste (bureaux, sanitaires, vestiaires, salles de réunion, locaux isolés ou bruyants), ferme les portes derrière le groupe, aide les personnes en difficulté et s'assure que le groupe reste soudé. Il est le dernier à sortir de la zone.
Responsable du point de rassemblementÀ l'extérieurIl compte les personnes, recense les manquants et transmet l'information aux secours à leur arrivée.

Guide-file et serre-file : leurs missions, étape par étape

QuandGuide-fileSerre-file
Avant (au quotidien)Connaître par cœur les cheminements, les issues et l'itinéraire de repli de sa zone.Connaître tous les locaux de sa zone, y compris ceux où l'on n'entend pas l'alarme ; savoir qui est PMR.
Au signal d'alarmeSe signaler, rassembler le groupe, annoncer l'issue empruntée.Faire cesser l'activité, inviter chacun à sortir, empêcher les retours en arrière.
PendantOuvrir la marche à un pas rapide, sans courir ; vérifier l'absence de fumées sur le trajet ; changer d'itinéraire si nécessaire.Fermer la marche ; contrôler chaque local ; fermer les portes ; accompagner les personnes lentes ou PMR selon la consigne.
Au point de rassemblementMaintenir son groupe rassemblé pour permettre le comptage.Confirmer que sa zone est vide, ou signaler immédiatement toute personne manquante ou restée à l'intérieur.
Ni le guide-file ni le serre-file ne retournent chercher une personne manquante : ils signalent aux secours, seuls équipés pour progresser dans les fumées. Leur mission s'arrête à la porte de sortie — un sauveteur improvisé devient une victime supplémentaire.
Chaque zone dispose de guides-files et serre-files désignés, avec des suppléants : un rôle vacant (congés, absence, horaires décalés) est une zone non couverte. Ces désignations valent aussi pour la nuit et le week-end.
Pour aller plus loin — Le rôle du serre-file pendant l'évacuation

5.4 Le cheminement

Les dégagements (couloirs, escaliers, portes) doivent rester libres en permanence et sont signalés par des panneaux verts (silhouette qui court, flèche directionnelle). L'éclairage de sécurité prend le relais en cas de coupure de courant. Les portes d'issue s'ouvrent dans le sens de la sortie et sont manœuvrables sans clé de l'intérieur.

Un couloir encombré ou une issue verrouillée transforment un incident en drame. Signaler un dégagement obstrué est une obligation de chacun, tous les jours, pas seulement le jour de l'exercice.

5.5 Le point de rassemblement

  • Il est situé à l'écart du bâtiment, hors de la zone de chute et hors du passage des secours ;
  • On s'y rend par le chemin balisé et on y reste groupé pour permettre le comptage ;
  • On signale immédiatement toute personne manquante, ou toute personne vue à l'intérieur ;
  • On ne retourne dans le bâtiment que sur autorisation explicite des secours ou du responsable.

5.6 Les personnes à mobilité réduite

L'évacuation des PMR (fauteuil, handicap temporaire, femme enceinte, blessé) est prévue à l'avance par le site : accompagnement désigné, espaces d'attente sécurisés, information des secours de leur présence exacte. Ce point figure dans la consigne du site.

Questions associées : thème 5 → QCM.
Objectifs : distinguer alarme et alerte • connaître le danger réel des fumées • savoir alerter et agir face à une brûlure.

6.1 Alarme, alerte, alerte générale : ne pas confondre

AlarmeLe signal interne qui prévient les occupants d'évacuer (sirène, klaxon…).
AlerteLe message vers les secours extérieurs (18, 112) : ce sont deux actions différentes, l'une n'entraîne pas automatiquement l'autre.
Alerte généraleLe signal d'évacuation de tout l'établissement (par opposition à une évacuation de zone).
Déclencher l'alarme, c'est appuyer sur le déclencheur manuel (boîtier rouge à membrane, près des issues). Alerter, c'est téléphoner aux pompiers. Il faut faire les deux.

6.2 Le message d'alerte

Numéros : 18 (sapeurs-pompiers), 112 (numéro d'urgence européen, depuis tout téléphone même verrouillé), 15 (SAMU), 114 (urgences par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes). Le message doit préciser :

  • l'adresse exacte et les particularités d'accès (bâtiment, étage, code, entrée arrière) ;
  • la nature du sinistre (ce qui brûle, l'ampleur, les produits présents) ;
  • l'existence de victimes ou de personnes bloquées, et leur localisation ;
  • les risques particuliers : gaz, produits chimiques, photovoltaïque, batteries ;
  • le numéro de rappel — et l'on ne raccroche jamais le premier.

Prévoir enfin quelqu'un pour accueillir et guider les secours à leur arrivée : quelques secondes gagnées valent parfois beaucoup.

6.3 Les fumées : le vrai tueur

Contrairement à l'idée reçue, ce sont les fumées, et non les flammes, qui tuent dans la grande majorité des incendies. Elles sont :

  • toxiques : monoxyde de carbone (CO), acide cyanhydrique (HCN) issu des mousses et plastiques — quelques inhalations suffisent à faire perdre connaissance ;
  • opaques : on ne voit plus les issues, même dans un local connu ;
  • chaudes : plusieurs centaines de degrés en partie haute, brûlant les voies respiratoires ;
  • mobiles : elles se propagent bien plus vite qu'un piéton et envahissent cages d'escalier et gaines.
Dans un local enfumé, l'air le moins toxique est près du sol : se baisser, voire progresser à quatre pattes vers l'issue, en se guidant sur un mur.

6.4 Si vous êtes bloqué par les fumées

  • Ne pas ouvrir une porte chaude : la toucher du dos de la main avant, à hauteur moyenne et haute ;
  • Se confiner : rester dans un local, fermer la porte, boucher les interstices avec du tissu si possible mouillé ;
  • Se signaler : appeler les secours, se manifester à la fenêtre — mais ne pas sauter ;
  • Attendre les secours : dans un local fermé, on tient beaucoup plus longtemps que dans un couloir enfumé.

6.5 Brûlures et vêtements enflammés

  • Brûlure : refroidir à l'eau tempérée (≈ 15-25 °C), sans pression, pendant au moins 10 à 15 minutes ; ne pas percer les cloques, ne pas appliquer de corps gras, ne pas retirer les vêtements collés à la peau ; appeler le 15 ou le 18 selon la gravité ;
  • Vêtements en feu : empêcher la personne de courir (l'air attise les flammes), la faire rouler au sol, l'envelopper d'une couverture anti-feu ou d'un vêtement épais ;
  • Fumées inhalées : même si la personne semble bien, un avis médical est indispensable — l'intoxication au CO peut se manifester de façon différée.
Une brûlure est grave (avis médical urgent) selon sa surface, sa profondeur et sa localisation (visage, mains, articulations, parties génitales), ainsi que chez l'enfant et la personne âgée.
Questions associées : thème 6 → QCM.

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Sources

Vidéos utilisées

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